Evasion artistique #49 - Stefan Zweig, "Conscience contre violence"

1936 – À l’heure où le ciel s’embrunit au-dessus de l’Europe, Stefan Zweig vit réfugié à Londres, se raccrochant péniblement à une doctrine humaniste en mal d’avocats. Il y rédige un essai polémique mettant en scène les déchirements que connurent les pontes de la Réforme protestante au XVIème siècle. Précisément, S. Zweig dépeint l’empoignade, oubliée des livres d’histoire, qui opposa Jean Calvin, alors maître absolu de feu la République de Genève, et Sébastien Castellion, théologien français héritier des premiers penseurs humanistes. Calvin a asservi la cité helvétique à sa seule doctrine orthodoxe, et persécute ceux qui osent questionner son universelle vérité. Pour une querelle théologique, Calvin fait brûler vif un penseur andalou, Michel Servet. Castellion, mû par une inextinguible foi dans la nécessité de la liberté religieuse, finit par se dresser face au maître Calvin. La conscience, frontalement, vient de rencontrer la violence. Par cette parabole, Zweig soigne les plaies de son temps. Tandis que l’intolérance – qu’elle fût politique ou religieuse – gangrène l’Europe, Zweig lui oppose la figure humble, non-violente et profondément humaniste de Sébastien Castellion. On prend, par le récit froid et cruel que fait Stefan Zweig, la pleine mesure de l’intemporalité du combat que les consciences doivent mener face au mal absolu que constitue la violence.




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François Santuitart
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Pestre2017