Evasion artistique #44 - Le Jeune Homme et la Mort


Le Jeune Homme et la Mort,

ballet de Roland Petit sur un livret de Jean Cocteau



Avis à ceux qui n’y connaissent rien en danse classique et ceux pour qui passer plus d’une heure devant des petits rats de l’opéra est d’un ennui mortel, le ballet de Roland Petit « Le Jeune Homme et la Mort » est un format court. C’est une saynète d’un peu plus de 16 minutes au cours de laquelle le spectateur est pris dans le suspens de l’action par un décor moderne et des mouvements de danse tout à fait originaux.


Un jeune peintre, dans sa chambre de bonne, attend patiemment son amante, qui ne semble pas arriver. Il va de part et d’autre de la chambre, s’inquiète, s’angoisse. Mais, annoncée par des cuivres résonnants, la porte s’ouvre, un halo de lumière se déverse sur la scène et surgit enfin la jeune femme. Dans sa robe courte, avec ses cheveux bruns coupés au carré, et sa cigarette, elle fait penser immanquablement à Anna Karina (la muse de Godart), ou plus récemment au personnage de Mia Wallace (Pulp Fiction). Elle est séductrice et souvent la danse devient un prétexte pour suggérer l’amour physique de façon très concrète (elle frotte son pied au niveau du sexe de son partenaire, se penche au niveau de son bassin, comme pour lui faire une fellation et il joue la jouissance).


C’est donc une danse très peu conventionnelle : ça fume sur scène, et ça baise. Mais aussi ça se dispute : un conflit éclate entre les deux personnages qui se balancent des chaises, des tables et se rejettent. L’originalité de la mise en scène ne sera peut-être pas perceptible d’abord, car la musique sur laquelle évolue les personnages est signée de Bach et fait très « classique ». Mais, ce contraste rend encore plus charnels les moments d’amour, sans les rendre vulgaire, et plus violents les moments de dispute, sans les rendre ridicules. La rupture entre la musique et la danse est volontaire : Roland Petit faisait d’abord travailler les danseurs sur un rythme jazz, avant de les entraîner sur la Passacaille de Bach ! Le résultat est sublime.


Enfin, l’amoureuse au lieu de dissuader le jeune homme à se suicider, l’encourage et suspend la corde qui viendra terminer ses jours. Le décor change, nous nous trouvons d’un coup sur les toits de Paris. La Mort, magnifique, au visage de l’amante, arrive dans une longue robe blanche et rouge. Elle fixe un masque en forme de tête de crâne sur le visage du malheureux et les deux s’en vont au loin.


A voir absolument...


Ça tombe bien, c'est par là : https://www.youtube.com/watch?v=SlwUs63VsEU




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François Santuitart
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Pestre2017