Concours des 68'Art - Décembre 2017

Chers camarades,


Le comité révolutionnaire s'est réuni ce 6 décembre afin de déterminer le ou la grand.e gagnant.e du concours artistique. Il s'agissait de nous envoyer votre plus belle oeuvre.

Nous avons obtenu des réponses au-delà de nos attentes, et sommes fiers de déclarer que HEC compte parmi ses rangs de véritables artistes dans tous les domaines.

Forcément il a été très difficile de choisir un vainqueur, surtout avec des réalisations si différentes (du dessin au mix, du poème au tumblr parodique).


Notre grande gagnante est Aurore FIEROBE. Tu peux être fière de ta bande dessinée qui a émerveillée toute la liste !

On vous laisse découvrir cette oeuvre incroyable :









Nous avons également souhaité mettre en lumière quatre candidats dont les œuvres nous ont ébahies


Oscar WOLF,  bravo pour ton mix original qui nous a à la fois fait sourire et danser ! Nous vous invitons tous, évidemment, à écouter ce son : https://soundcloud.com/oscarwolf-1/les-gens-qui-sentent-bon-cest-cool/s-gVCVZ


Alexandre COCHARD et sa musique de film qui nous a enchanté, bravo à toi !!

Allez vite écouter cette composition, ça vaut la peine !


Léo BIERENT, bravo pour tes superbes dessins et ton projet de tag








Maxime BASCON et son bel essai intitulé “Orgasme éphémère”


Orgasme éphémère


Un léger effluve fruité imprégnait peu à peu l’atelier et, par la grande ouverture, un doux soleil d’été venait accrocher au mur les dernières ombres de quelques pétales dispersés par le vent. Raphael était transcendé. Dans l’attente passionnée d’une révélation, il travaillait la toile de ses yeux. Soudain, il tendit sa main, et, d’un simple touché entre le pinceau et la toile, d’une dérisoire goutte de peinture, la Femme était née. Un soupir s’échappa de ses lèvres, enfin il la voyait, beauté éternelle qui jamais ne s’altérerait. Alors que le triomphe inondait son corps, un sentiment nouveau étreint son cœur : passion de la beauté ou satisfaction de l’avoir atteinte ? Il ne savait pas. Que comprendre d’un bonheur qui ne serait qu’éphémère ? Ses yeux s’égaraient sur la jeune brune, son visage gracile et ses yeux verts, son regard de reine et son expression enfantine, ses courbes gracieuses et la parfaite fragilité avec laquelle sa main – divine – cueillait une cerise dont l’écarlate renvoyait au carmin de ses lèvres, à l’incarnat de ses joues. Mais l’œil était vite appelé par les remous de sa robe, dont Raphael avait remué ciel et terre pour trouver l’opalin qui les composaient.

Les heures passaient. Le peintre et son œuvre, eux, demeuraient inchangés. Sous la pâleur de la lune comme sous l’éclat du soleil, la quête était plus grande que le sommeil et les rêves attendraient que celle-ci se termine. Une quête sans fin, tant le succès était loin : quelque chose avait – profondément – changé dans l’œil de Raphael ; de même que dans son esprit une certitude lentement s’altérait. Et, dans le désenchantement du vaniteux qui trop haut avait porté son regard et trop longtemps n’avait entendu plus que des louanges, il ne voyait sur sa toile plus qu’une belle femme. Une idée vint alors, accompagnée d’un coup de pinceau, d’une légère touche, et la Femme reparue dans toute sa splendeur. À ceci près qu’un brin d’exotisme semblait maintenant emplir son regard, introduisant par la même de façon subtile, discrète, mais bien présente, une perfection nouvelle. Craignant de perdre à nouveau cette beauté qu’il avait cru immortelle, Raphael donna raison à l’appel du repos.

Le lendemain, son réveil se fit dans l’excitation de pouvoir porter la toile à ses yeux. La femme s’y tenait toujours telle qu’il l’y avait laissée, mais son regard n’était pas le même qu’avant sa rencontre avec Morphée. Elle lui semblait encore plus imparfaite que lors de la première transformation. Le jour durant, il œuvra mentalement, physiquement, guettant la faille, cherchant la nouveauté, et, enfin, à la nuit tombée, il retrouva son idéal. Il le contempla furtivement et s’empressa d’aller se coucher dans le vain espoir que la Femme serait toujours là le lendemain. Et, tous les matins, pendant des années, il se levait seulement pour voir son œuvre souillée ; et, tous les jours, il la maquillait pour encore une fois sentir l’intense, l’obscur plaisir d’une incomparable volupté déferler en lui. Chaque jour apportait un détail nouveau à l’œuvre qui peu à peu muait, tantôt surréaliste montrant une grande femme blonde, tantôt impressionniste dépeignant une jeune rousse, tantôt entièrement blanche. Raphael trouvait la femme magnifique sous toutes ces formes ; le temps d’une journée…

Les années ont passées et la toile est toujours au même endroit, unique, mutante, plusieurs. Depuis la Renaissance de l’Homme, elle se tient dans l’atelier du milieu, duquel l’Art vient la parfaire peu à peu en se pliant à ses moindres caprices. Ombre passante, elle règne – prostituée aux passions naissantes, mourantes – et rampe, inachevable mutation ; jusqu’au dernier coup de pinceau. Et toute éternelle qu’elle parait, gravée dans la roche, la mer du temps a tôt fait de l’éroder ; jusqu'à la dernière note. Et toute perfection d’un jour, elle n’est que la déception de son lendemain ; jusqu'au dernier mot.

M.B



Enfin, mention spéciale à Georges BASDEVANT qui nous a régalé et nous a bien fait rire ! Visitez ce tumblr imaginatif et très drôle : https://passe-en-profondeur.tumblr.com/


L’IMAGINATION AU POUVOIR

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François Santuitart
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