Chronique ~ Pourquoi jouons-nous?



Du Joueur de cartes de Cézanne au Poker d’Aznavour, les artistes nous montrent bien l’importance que tient le jeu dans nos vies de tous les jours. Moyen d’évasion, moyen de passer le temps, mais aussi moyen de se trouver une place dans la société en se comparant aux autres, personne ne saurait vivre sans jouer.


Jouer est partie intégrante de notre vie, nous jouons pour ainsi dire depuis notre naissance, et ce dans le monde entier. Parce que c’est par le jeu que l’enfant se découvre, qu’il se mesure à lui-même, prend conscience de ce qu’il est capable de faire, jouer est absolument nécessaire au développement des êtres humains.


Plus précisément, les jeunes enfants découvrent en jouant les objets de la vie quotidienne, apprennent comment s’en servir, et développent leurs capacités motrices et leur imagination. Encore mieux, c’est par le jeu que les enfants apprennent comment se comporter en société : partage, équipe, respect des règles, utilisation de stratégies. Jouer renforce les liens sociaux entre les enfants qui jouent ensemble, mais également au sein de la famille : les parents jouant avec leurs enfants les découvrent par le jeu, remarquent leurs forces et leurs faiblesses, leurs centres d’intérêt mais aussi leurs peurs ou ce qu’ils rejettent.

Au niveau biologique, jouer a un grand effet sur le développement du cervelet, responsable de nos capacités motrice, d’attention, et de langage.


En grandissant, les jeux nous permettent encore de développer certaines capacités : des études ont montré que certains jeux vidéo amélioraient la réactivité et la capacité à prendre des décisions.


A partir d’un certain âge, nous jouons pour la simple et bonne raison que cela nous permet de nous éloigner pendant un temps de notre vie de tous les jours.

Les jeux comblent certains manques, comme celui d’un but à donner à notre vie, d’une ligne directrice, en proposant souvent un modèle de récompenses, de progression, de comparaison simple avec d’autres individus.

Dans ce que l’on pourrait appeler la "vraie vie", il peut paraitre compliqué de se fixer des buts compte tenu des multiples, voire infinis, chemins de parvenir à ce but. La multiplication des coachs de vie en tous genres, des livres, méthodes…, qui pourrait sembler faciliter le travail, en perd au contraire plus d’un. La récompense parait souvent lointaine, incertaine. Lorsque l’on joue, il est beaucoup plus facile de visualiser la récompense, et de comprendre comment l’atteindre, car nous connaissons le champ des possibles ainsi que leurs conséquences.

Cela pose la question de l’importance de la récompense dans le cerveau humain. Si nous courrons tant après la récompense, c’est qu’elle est biologiquement associée à un fort plaisir dans notre cerveau. La partie liée à la récompense est en effet l’une des plus primitives, et est directement liée à la notion même de survie. Ce système est fondé sur trois piliers : la motivation (pour recevoir une récompense), le plaisir (lorsque nous recevons la récompense) et l’apprentissage (lorsque nous nous rappelons de l’expérience qui nous donne, ou non, l’envie de recommencer). Et c’est parce que ce système produit de la dopamine que les addictions se développent.


En outre, jouer nous permet de créer un alter ego, dont les capacités sont généralement supérieures aux nôtres. Même si le personnage n’est pas directement « nous », nous parlons souvent à la première personne de notre double virtuel ou imaginaire (que cela soit dans un jeu vidéo, ou dans un jeu de rôle…). Nous améliorons ainsi notre estime de nous-mêmes.


Enfin, c’est via le jeu que beaucoup s’inscrivent dans une hiérarchie, ce qui est un autre besoin humain fondamental, ou développent leur statut social (on peut facilement penser à l’image du sportif populaire dans tous les films pour adolescents). Les jeux participent tout au long de la vie à la cohésion sociale, par leur diversité et leur omniprésence.

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François Santuitart
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