Chronique ~ Le marché de l'Art

Zoom sur les « auction houses » les plus célèbres du monde


Les œuvres d’art s’échangent sur un marché bien particulier depuis déjà plus de 350 ans. Les grandes maisons de ventes aux enchères, Sotheby’s et Christie’s, présentes aujourd’hui dans le monde entier, sont nées au milieu du 18ème siècle à Londres. Elles se partagent de façon à peu près équitable le marché de l’art, et réalisent chacune plus de 5 milliards de dollars de chiffre d’affaire. Elles jouent un rôle d’intermédiaire pour les pièces les plus chères du monde, comme par exemple Salvator Mundi, de Leonardo da Vinci, vendu par Christie’s en 2015 à New York pour 430 millions de dollars. On compte aussi, parmi les enchères les plus importantes, du Picasso ou du Modigliani. Si ces transactions sont impressionnantes, la part la plus importante des revenus de ces maisons vient des œuvres d’art de catégorie moyenne.



Comment ces entreprises bien particulières fonctionnent elles ?


Comme toute entreprise, elles se doivent d’attirer les clients, et de les fidéliser. Un immense soin est donc mis pour les accueillir dans les meilleures conditions, leur offrir plusieurs expositions des œuvres d’art quelques jours avant la vente, leur envoyer régulièrement des nouvelles, mais également leur garantir des prix sur leurs ventes. En effet, les maisons fixent un « prix moyen espéré » qui est payé au vendeur avant la vente en elle-même. Elles prennent ensuite une commission sur la vente. Ce prix est déterminé par l’état de l’œuvre, sa rareté, sa qualité, sa provenance, mais également par les tendances du marché (ça reste un produit financier !).


Un index est également construit au fil du temps, à partir des prix des œuvres déjà vendues, de la technique de peinture utilisée, et de la régression hédonique. Artprice apparait comme le site de référence dans le milieu.

Comme je l’ai dit précédemment, Christie’s et Sotheby’s dominent le marché, et il semble extrêmement difficile pour d’autres entreprises de se développer et de se faire un nom. Il semble quasiment impossible de concurrencer leur renommée, la loyauté qu’elles ont su développer chez leurs clients, leur expertise, ou encore leurs moyens financiers.


Et quand on y travaille ?


Il y a d’abord la direction, qui est semblable à celle des autres grandes entreprises. Il y a ensuite les Business Director, ou Business Manager, qui encadrent au niveau budgétaire, juridique et RH des départements spécialisés (par exemple, art contemporain, art impressionniste, art décoratif). Les spécialistes se chargent de choisir et d’estimer les œuvres. Le métier de Business Manager est très varié : il a dans l’équipe le dernier mot quant à la gestion du budget, règle les contentieux entre les clients, programme, évalue, et suit de chaque vente, en plus d’y assister

Chaque département organise au moins une vente par saison (janvier-juillet puis septembre-décembre).

L’ambiance des ventes aux enchères est décrite comme particulièrement vibrante, l’excitation de la réussite financière étant mêlée à l’excitation de découvrir des œuvres rares, parfois jamais exposées, et d’une immense valeur.


Pourquoi les œuvres d’art se retrouvent elles sur un marché financier ?


Bien sûr, tout n’est pas (encore, on l’espère) que spéculation. La vente et l’achat d’œuvres d’art reposent encore sur des critères disons plus naturels. La vente répond, tristement, à la règle des 3D « Divorce, debt, death », on ne se débarrasse pas de ses œuvres pour le plaisir. L’achat peut tout simplement répondre à une envie d’avoir de belles choses chez soi, ou peut permettre de compléter une collection.

Mais de plus en plus, les œuvres d’art sont échangées dans un unique but de spéculation.


L’art, un bon choix d’investissement ?


Si l’œuvre d’art peut apparaître assez sure, elle est en réalité assez volatile. La notoriété des artistes, hormis pour le faible pourcentage de maîtres pour qui l’admiration du public semble ne jamais pouvoir tarir, varie énormément, et particulièrement lorsqu’ils meurent, où leur notoriété semble connaitre un pic. L’état d’une œuvre d’art évolue également dans le temps, ainsi que les thèmes et techniques à la mode (bien illustré sur le graphique ci-dessous).

Par exemple, Dans la prairie, de Monnet, a été vendu par Sotheby’s en 1999 pour $15,4 milliards, et par Christie’s en 2009 pour $11,2 milliards. Une perte énorme pour un peintre pourtant mondialement reconnu.

Toutefois, les investisseurs peuvent se laisser convaincre par plusieurs bons arguments : diversification du patrimoine, plaisir des yeux, fiscalité française très favorable, volonté d’aider un artiste à lancer sa carrière…


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François Santuitart
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